‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 153 sur 204 · DE DECAZES · texte numérisé non relu

DE DECAZES

impatientait et affligeait à cause de son penchant pour Decazes, s'établit dans un coin à causer avec moi. II m'apprit que l'ordonnance de Gouvion sur l'avancement causait beaucoup de rumeur à la Cour et de mécontentement à la garde royale. Le duc s'en désolait, se reprochait amèrement déjà d'avoir laissé passer l'ordonnance et accusait toujours davantage le maréchal d'être entraîné par les libéraux et les chefs de l'ancienne armée dont il aimait à s'entourer.

« Le surlendemain Decazes devait se marier et il allait ensuite passer huit jours à la campagne avec sa femme. Mais Baring, que nous attendions depuis si longtemps et avec tant d'impatience, soit pour modifier, soit pour expliquer son traité, étant arrivé sur ces entrefaites, j'étais curieux de savoir si l'amour aurait assez de pouvoir sur le favori pour qu'il nous laissât régler sans lui une affaire aussi importante. En effet, le lundi, veille de son mariage et de son départ, je l'entendis au conseil qui invitait négligemment Pasquier à assister, pendant son absence, à toutes les conférences que le banquier anglais pouvait avoir avec le ministre des Finances. Le bon Gorvetto, qu'il mettait ainsi en tutelle, se laissait faire, mais j'avertis de nouveau M. de Richelieu et le mis en garde contre cette intrigue, qui ne tendait à rien moins qu'à anéantir notre crédit naissant, et sans autre objet que de céder aux clameurs des libéraux et de se populariser parmi eux aux dépens de M. de Richelieu et de Gorvetto, dont on voulait les places. « Au surplus, me dit le duc avec ce sourire plein de tristesse qui lui était propre, au surplus, il ny aura pas grand mal, si Cou me rend bien impopulaire, puisque Je suis décidé à me retirer. »

« G'est dans la chapelle des pairs, au Luxembourg, qu'eut lieu la cérémonie du mariage. Le maréchal

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