‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 160 sur 204 · LE BUDGET DE · texte numérisé non relu

LE BUDGET DE

taire d'Etat, Bassano, écrivaient sous son inspiration, ou sa dictée, le premier à ses généraux, le second à ses ministres.

« Une arrière-pensée avait déterminé Pozzo à me faire toutes ses confidences : il voulait frapper mon imagination des importants services qu'il nous rendait. Son impatience, qui trahit toujours sa finesse, ne tarda pas à me le prouver. « Voilà pourtant, s'écria-t-il, l'homme à qui l'on fait tant attendre ce titre de duc qui doit le rendre à son ancienne patrie. » Puis ne gardant plus aucune mesure, l'ambitieux Pozzo me fit entendre qu'il exigeait le duché avant le congrès. Quant à son entrée dans le ministère, ne pouvant quitter le service de la Russie que du consentement de l'Empereur, il ne pouvait, ajouta-t-il, faire dans la chambre des pairs le noviciat dont Decazes lui avait parlé et motiver aux yeux d'Alexandre sa retraite que par son entrée immédiate dans le ministère français.

<( Le soir, les ministres se réunirent à la Muette pour arrêter la forme dans laquelle le budget serait présenté aux chambres et nous y restâmes en conférence jusqu'à minuit. Après une discussion fort animée, on décida que le budget de 1819 serait divisé en six lois : les comptes, l'impôt direct, les droits réunis, les domaines, l'enregistrement et les dépenses. Je renouvelai en vain mes efforts pour que ces dernières fussent réparties en autant de lois qu'il y avait de ministères. M. de Richelieu m'appuya, Pasquier qui partageait au fond mon opinion la défendit mollement, mais Decazes et Laine, qui redoutaient de se voir exposés à une lutte personnelle avec la chambre, la firent rejeter .

« Le conseil du lendemain fut encore un de ceux

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