GOUVION, MINISTRE DE LA MARINE
de Croix qu'on venait de rappeler à la chambre des pairs, en reconnaissance qu'il en avait été injustement exclu; on s'empressait tellement autour de moi, qu'on m'eût pris bien plutôt que Gouvion pour celui qu'on félicitait.
<( Je me plaçai à table à côté de l'ambassadeur de Naples, et dès qu'on fut rentré dans le salon, je pris en particulier M. de Richelieu pour le presser de nouveau de m'envoyer en Italie. « Impossible, me répondit-il, M. de Narbonne revient en septembre, mais par congé et avec la ferme volonté d'y retourner, d'autres et de meilleures occasions de vous satisfaire se présenteront, et vous savez si je les saisirai toutes. »
« On consola Dubouchage, qui perdait la Marine, par la pairie, jointe au titre et au traitement de ministre d'Etat. Le duc de Feltre, effrayé, cherchait à se défendre du même sort par des concessions; il fut le premier à proposer la suppression des gardes de la prévôté et la nouvelle formation des Cent Suisses sous le nom de gardes du corps à pied, lesquels devaient se recruter par moitié de Suisses et de Français,
« Je fis une autre visite à Decazes, toujours malade, et qui, à mon grand étonnement, me dit qu'ayant causé de Naples avec le duc, il ne regardait plus cela comme impossible, mais que c'était un cul-de-sac et que je devais bien y réfléchir.
« Pour Pasquier, c'était de très bonne foi qu'il s'opposait à ce que je quittasse Paris et la France, parce que sa confiance en moi comme homme d'Etat l'emportait sur la jalousie que je lui avais constamment inspirée. Il s'occupait alors d'un objet important, pour lequel il croyait avoir grand besoin de mon concours, la révision des ordonnances sur la pairie. Je n'avais cessé d'appeler l'attention des ministres de ce côté; il