REVISION DES ORDONNANCES
s'agissait d'examiner ce qu'on pouvait faire pour fortifier et développer ce germe unique ou plutôt ce seul débris d'aristocratie. Le garde des Sceaux appela auprès de lui en conférence, le chancelier, président de la chambre, le grand référendaire et une douzaine de pairs que je désignai. Les questions principales à examiner étaient celles-ci : établira-t-on parmi les pairs, une hiérarchie de titres semblable à celle qui existe en Angleterre, ou les tiendra-t-on dans une égalité parfaite? Les fils de pairs prendront-ils, comme en Angleterre, le titre immédiatement au-dessous de celui de leur père? A l'avenir, tout individu élevé à la pairie devra-t-il former un majorât, dont le montant sera déterminé d'après son titre? Quelles sont les mesures à prendre pour conserver la dotation de la chambre des pairs, et régulariser son emploi?
« Pasquier essaya de tirer de moi un travail, que selon sa coutume, il se fût approprié et me demanda, avec un ton de déférence qu'il employait alors, de simples notes avec un petit projet d'ordonnance ou de loi; mais je lui représentai qu'il fallait attendre le résultat des conférences et qu'on ne pouvait asseoir ses idées jusque-là ; les conférences s'ouvrirent et furent très orageuses. Mes collègues, je le confesse, m'y donnèrent la comédie plus d'une fois. Lally, dans sa furieuse anglomanie, étouffait de colère quand l'autorité de l'Angleterre ne fermait pas toutes les bouches ; les vieux sénateurs, comtes de l'Empire, y visaient à devenir marquis, tout en craignant le ridicule et surtout de se dépopulariser parmi les libéraux; sous l'Empire, les titres et les cordons ne leur faisaient pas peur, parce qu'ils pouvaient s'appuyer sur le bras qui les distribuait et se passer, avec lui, de popularité; mais en recevant les mêmes faveurs des Bourbons, ils