LES MAJORS::5É^\ÉRAUX DE LA GARDE
Roi n'en jugea pas ainsi; il prit feu et chargea Decazes d'obtenir de Vioménil la lettre elle-même, afin qu'elle put être remise à la justice,
<( Le parti, ajouta le Roi, n'osera accuser le maréchal de connivence avec vous et sa déposition apprendra à ne pas regarder comme des témoins subordonnés les officiers tels que Pireaux et Monsieur qui ont déposé dans la grande conspiration. »
(( Le ministre de la Guerre nous entretint ensuite de sa querelle avec les majors généraux de la garde et de leurs prétentions. Le Roi se confessa d'avoir donné raison la veille au maréchal Oudinot : « Mais plus éclairé aujourd'hui, dit-il à Gouvion, je vous autorise à lui donner tort. »
•( Cependant, l'approche du congrès se faisait sentir. Après le conseil, Pozzo vint me prier de presser encore M. de Richelieu de le faire tout au moins duc avant son départ. L'eau lui venait à la bouche en voyant M. de Bernstorlî changer de maître et de patrie et sortir du cabinet de Copenhague pour entrer dans celui de Barlin. Ces exemples l'encourageaient d'autant plus dans ses projets, que c'était l'empereur Alexandre lui-même qui avait donné BernstorfT au roi de Prusse, pour éloigner de ses conseils M. de Humboldt, le frère du savant voyageur, homme d'esprit fort immoral et fort ennemi de la France, qui s'était placé à la tête des novateurs allemands, par ambition bien plus que par principes.
« L'effet inévitable d'un ministère de la police, surtout quand il est occupé par un ministre tel que Decazes, est de multiplier à l'infini les délations. Nous en étions accablés. Au conseil du lundi, Decazes nous apporta une lettre de deux coquins de vendéens, appelés le Galle et SequeveU qui offraient de lui rêvé-