AU RECRUTEMENT DE L'ARMÉE
Chambre des pairs, Séance du 28 février i81t
Messieurs,
Il ne faut pas s 'étonner de l'empressement témoigné dans l'une et l'autre chambre pour prendre la parole sur la loi qui qui vous est soumise. Il s'agit de sauver notre indépendance sans compromettre nos institutions. Il s'agit d'être forts sans cesser d'être libres ; quel est le Français alors qui ne se sente pas pressé du besoin d'élever la voix, bien moins pour défendre ou combattre le projet, que pour donner un libre cours aux sentiments qui l'animent ? C'est en cédant, Messieurs, à ces mêmes sentiments que je me trouve entraîné à mon tour dans une carrière déjà parcourue parlant d'orateurs. Heureusement qu'une semblable matière est, par sa nature, inépuisable.
Malgré une des discussions les plus approfondies et les plus brillantes qui ait peut-être jamais eu lieu dans aucune assemblée délibérante, malgré le rapport de votre commission et les discours que vous avez entendus, tout n'a point encore été dit sur l'importante loi qui nous occupe; et si en abordant cette tribune, on se sent condamné à répéter les arguments qui ont été faits, on conserve l'espérance de lever encore plus d'un doute, d'écarter plus d'une incerti-