SUR LA PAIRIE
tremblaient d'attirer sur eux le ressentiment d'un parti, qu'ils croyaient plus fort que ces Princes, et devoir les chasser encore une fois. Les anciens ducs étaient, au contraire, très favorables à la diversité des titres parce qu'ils possédaient le premier; tout cela était écrit sur les figures pour quiconque savait y lire ; quant aux majorats, on fut pour ou contre, selon qu'au fond de l'àme on voulait ou maintenir entre les Français une égalité absolue et les conduire à la plus pure démocratie, ou fonder une aristocratie quelconque qui put défendre la monarchie contre l'invasion toujours croissante des idées démocratiques. Cette question, la plus grave de toutes, devait décider de notre avenir. Dans les pays où les principes de l'hérédité ne s'appliquent qu'à la couronne et où l'égalité, des partages maintient la démocratie dans la famille, il n'y a pas d'autre gouvernement possible, à la longue,, que celui de Gonstantinople ou de Philadelphie.
« Un point très délicat, c'était la dotation ; une ordonnance, ayant force de loi et annexée à la Charte, avait dit que la dotation du sénat serait affectée à l'entretien du Luxembourg, aux dépenses de la chambre des pairs et aux pensions viagères des sénateurs et de leurs veuves ; aux termes de cette ordonnance, l'excédent, s'il y en avait, tant à présent qu'à mesure des extinctions, devait être versé au Trésor public et réuni aux domaines de l'Etat; au lieu de cela, le Roi, ou plutôt les divers ministres, après avoir réduit d'un tiers les pensions des sénateurs, avaient distribué tout ce qui devait retourner au Trésor, en pensions aux hommes de la Cour et aux émigrés marquants, membres de la chambre; le plaisant était que cette violation de la loi, qui aurait pu être caractérisée à la rigueur de dilapidation des deniers publics