‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 182 sur 204 · DU PROJET DE LOI · texte numérisé non relu

DU PROJET DE LOI

Chambre des députés, Séance du 12 mars 1818

Messieurs,

Les hommes éclairés de toutes les nations n'ont cessé de réclamer pendant le dernier siècle l'abolition du trafic barbare connu sous le nom de traite des noirs. Leur voix a retenti longtemps sans être écoutée ; en vain la religion et la philosophie unissent-elles leurs plaintes et leurs efforts; il nous était réservé de voir une résolution si magnanime germer à la fois dans l'esprit de tous les peuples, dans le cœur de tous les rois. Il nous était réservé de voir s'accomplir ce vœu de Montesquieu, qu'il a consigné dans son livre immortel, et qu'il avait cru peut-être former inutilement. « Pourquoi, s'écrie-t-il, pourquoi les princes d'Europe, qui font tant de conventions inutiles, n'en font-ils pas une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ? » Le congrès de Vienne, Messieurs, à répondu à l'appel de ce beau génie. L'histoire et l'humanité reconnaissantes garderont à jamais le souvenir de cette fameuse déclaration du 8 février 1815, où tous les souverains de l'Europe, d'un saint et libre accord, plaident en quelque sorte la cause de la morale et de la justice, avec autant de chaleur et de force que les sages de tous les temps en mirent jamais à la défendre : monument bien remarquable, un des plus remarquables de cette époque si féconde d'ailleurs

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