‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 44 sur 204 · APPLICATION · texte numérisé non relu

APPLICATION

ce qu'il renfermait; la légèreté et l'insouciance des ministres ne pouvaient se comparer qu'à l'imminence du danger. La première révélation positive qu'ait eue le public de la conclusion du Concordat avait été la lettre de M. de Richelieu insérée au Moniteur à l'article (( Nouvelles » et adressée au chapitre métropolitain de Toulouse pour lui aanoncer le rétablissement des anciens sièges et lui demander son adhésion à la nouvelle circonscription. On avait vu aussi Louis XVIII, le jour de sa fête, donner la barette aux trois nouveaux cardinaux français. On se demandait si le Concordat pouvait se passer de la sanction du pouvoir législatif. On se rappelait que celui qu'il remplaçait avait été considéré comme loi de l'Etat et qu'il avait donné lieu à des lois organiques qui allaient se trouver implicitement abrogées. Les ministres sentaient qu'il leur serait aussi difficile d'obtenir rap|)robation des chambres que de s'en passer. Le Fape, après avoir opposé longtemps une juste résistance à l'abrogation du Concordat de 1809, avait tâché de tirer parti pour sa puissance et celle du clergé de celui qu'on lui arrachait; plusieurs dispositions y furent insérées, que l'Eglise de France aurait certainement fait difficulté d'admettre si elle eût été consultée, et dont les ministres n'avaient pas compris toute la valeur. Honteux de leur imprévoyance, ils ne savaient plus comment s'y prendre pour sortir de tant d'embai^ras; la première et la plus grande de toutes les fautes avait été de céder au Roi malgré leur conviction, et de négocier un nouveau Concordat lorsqu'ils reconnaissaient eux-mêmes que cela était aussi politiquement dangereux que religieusement inutile. Le duc de Richelieu s'en apercevait trop tard et pouvait se repentir de ne m'avoir pas plus tôt consulté. Aujour-

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