‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 45 sur 204 · DU NOUVEAU CONCORDAT · texte numérisé non relu

DU NOUVEAU CONCORDAT

d'hui, je n'hésitai pas sur le conseil à lui donner : « Renvoyez le duc de Fellre, lui dis-je, avant les élections, et déférez votre Concordat aux chambres, dès qu'elles seront réunies, avec une déclaration où le Roi, à l'exemple d'un des plus religieux de ses ancêtres, accusera par d'adroites réserves ou d'habiles interprétations les articles contraires à ses droits et à nos libertés. Gela pourra bien vous brouiller un peu avec Rome, mais il y a moins de danger qu'à se brouiller avec les chambres; d'ailleurs, le Roi et ses ministres peuvent bien se résigner à n'être pas meiileurscatholiques romains que Louis XIV et Bossuet. » Le duc convint de tout et me parut décidé à suivre le plan que je lui traçais, mais dès le lendemain, Decazes, Pasquier et Pozzo le trouvèrent encore hésitant sur le duc de Feltre et toujours partagé erttre la politique et ses promesses.

« Nos réunions de pairs n'avaient lieu, dans l'intervalle des sessions, que le premier de chaque mois; ma santé ne me permettant pas d'assister à celle du 1" septembre, chez Garnier, j'y envoyai mon beau-frère afin de tàter les dispositions de chacun. Il me rapporta que les plus modérés eux-mêmes, étaient déchaînés contre le Goncordat. La démarche de lord Wellington en faveur du duc de Feltre causait aussi une prodigieuse irritation, et faisait dire que le ministère était l'humble esclave des étrangers; enfin la distribution des titres avait mécontenté beaucoup d'amourspropres, en sorte que la physionomie de la chambre et celle du parti ministériel en particulier était toute changée.

« M. de Richelieu réunit chez lui pour l'examen des questions relatives au Goncordat, un conseil de Gabinet dont je ne fus pas; mais une autre affaire

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