LA LIQUIDATION ETRANGERE
bien importante l'occupait autant que celle-là : il s'agissait de fermer l'abime des liquidations étrangères, si imprudemment ouvert, comme on l'a vu, par M. de Talleyrand, tandis que les commissaires étrangers et français tenaient à Paris leurs conférences ; Garaman s'abouchait à Garlsbad avec les principaux ministres des cabinets du Nord pour convenir de quelques bases qui pussent mener à une conclusion. M. de Richelieu me remit toute la correspondance de notre ambassadeur en me priant de lui donner mon avis, après que j'y aurais suffisamment réfléchi ; elle ne m'apprit rien, si ce n'est qu'on resterait dans le vague à Garlsbad, malgré les efforts du négociateur dont les lettres au reste se faisaient remarquer par une facilité de rédaction et "une dose d'intelligence qui m'en auraient presque fait soupçonner l'authenticité; de tous les idiomes ou de tous les jargons qu'on parle dans les affaires, c'est celui de la diplomatie que le duc de Richelieu entend et parle le mieux; aussi prévit-il tout de suite qu'on ne pourrait en finir qu'en invitant les plénipotentiaires résidant a Paris à demander carte blanche à leurs cours pour transiger. 11 présenta à cet effet une note à la conférence, d'après laquelle des courriers furent expédiés à tous les cabinets. Pozzo le secondait de toutes ses forces et aurait bien voulu qu'on me nommât plénipotentiaire français, afin de le seconder à son tour dans les discussions où le duc de Richelieu lui prêtait un bien faible appui; la plupart du temps, Pozzo se trouvait lutter seul d'arguments et de ruses avec les commissaires anglais, prussiens, autrichiens et hollandais qui ne voulaient que nous dévorer; mais il le fit jusqu'à la fin avec une constance et une habileté qui ne se démentirent pas un seul instant. La France no