T NE INTERVENTION DE WELLINGTON
saura jamais tout ce qu'elle lui dut alors; il est vrai qu'il méditait de s'y établir et que le rêve de son ambition était d'obtenir du Roi la pairie, avec le titre de duc et même d'inspirer à Louis XVIII assez de confiance pour que ce prince l'appelât dans ses conseils.
« C'est lorsque je rendis à M. de Richelieu la correspondance de Caraman qu'il me parla du renvoi de Clarke de lui-même, pour la première fois; son émotion était visible, et il ne pouvait la contenir; l'idée qu'un homme sur la terre pourrait l'accuser d'avoir manqué à sa parole lui était insupportable et lui causait un trouble qui altérait sa figure et sa santé. Cependant il me déclara que le duc de Feltre serait remplacé avant la session, et pour la première fois aussi il me fit entendre clairement que la Marine m'était destinée. Je ne dois pas oublier qu'à ce sujet il me parla de Portails avec si peu de considération et d'estime qu'il est assez singulier de l'avoir vu plus tard en faire son collègue. Laine, qui avait quelquefois défendu le duc de Feltre, l'abandonna sans retour depuis la démarche du duc de Wellington. « Le Roi de France, répétait-il sans cesse, ne peut garder à la tête de ses armées un ministre soutenu par l'Angleterre. » M. de Richelieu semblait n'être plus arrêté que par l'embarras de trouver une grâce à faire au ministre de la Guerre, qui le consolât de la perte de son portefeuille; il ne fallait plus penser à la place de capitaine des gardes ; je conseillai le cordon bleu en donnant à Aimé de Fezensac, gendre de Clarke, la survivance à la pairie de son oncle, l'abbé de Montesquiou; en même temps, Decazes et Pasquier me promirent d'employer tout leur crédit pour que j'eusse aux Ponts et Chaussées un successeur de mon choix.