‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 49 sur 204 · UNE DEMARCHE DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

UNE DEMARCHE DE CHATEAUBRIAND

puissances, se portât médiatrice entre l'Espagne et ses colonies d'Amérique ; les bases de la médiation eussent été : la souveraineté de l'Espagne reconnue par ses colonies, des institutions pour ces dernières en harmonie avec l'esprit qui y règne et conformes aux vœux de leurs habitants, la liberté du commerce avec toutes les puissances, sauf des tarifs de douanes plus avantageux pour l'Espagne, enfin une amnistie générale. M. de Richelieu secondait Pozzo auprès du cabinet de Madrid avec l'ardeur qu'il met dans toutes les entreprises généreuses. Si cette négociation eut réussi, le mouvement révolutionnaire était peut-être enrayé pour longtemps dans les deux mondes; la suite montrera qu'elle n'a échoué que par la stupide résistance de ceux-là même qui étaient le plus intéressés à son succès.

« C'est alors que Chateaubriand, ennuyé de sa disgrâce et manquant d'argent, voulut se rapprocher du ministère. Laine m'apprit qu'il lui avait remis une lettre au Roi où, cachant les motifs intéressés de sa démarche sous d'imposants dehors, il offrait modestement à Louis XVIII sa protection auprès du clergé ef des dévots relativement au Concordat; un charlatanisme si hautain ne pouvait réussir; vainement M™« de Duras et M™" de Montcalm obsédèrent le duc de Richelieu ; la réponse fut telle que Chateaubriand en devint furieux. Dans sa conversation avec Laine, il lui parla de moi avec dépit, tout en laissant percer son ancienne tendresse : <( Ce jeune homme, dit-il, que j'ai élevé! » Moi, l'élève de Chateaubriand! Ce qu'il y a de curieux, c'est qu'il est capable de se le persuader.

« Le Moniteur Rvai'd enfin publié les trois ordonnances sur la pairie depuis si longtemps attendues;

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