PRISE DE CONTACT
deBerry. » Les ministres obtiennent le même honneur; ils sont appelés par leut-s noms, le Roi leur parle à voix basse, mais moins basse qu'aux princes et de manière que ceux qui environnent son fauteuil puissent entendre ce qu'il leur dit. Le ministre favori, seul, est toujours appelé deux fois, et il n'est guère possible d'entendre les paroles qui lui sont adressées; ensuite les maréchaux, les ministres d'État et quelques courtisans sont apostrophés h haute voix et ils répondent de leur place : au maréchal Jourdan par exemple, c'est toujours : «Maréchal Jourdan, venez- vous du Coudray? » à M. Dubouchage : « Gomment va l'estomac? » Si quelqu'un a déplu au Roi et surtout au favori, il s'en aperçoit à ce que la parole ne lui est plus jamais adressée et que le Roi affecte de ne pas le regarder. Le comble de la disgrâce était d'être fixement regardé i sans qu'il s'ensuivît aucune apostrophe. 1
« En sortant de l'audience, je fus chez Madame, qui i me reçut mieux que je m'y attendais.
(( Le reste de ma journée fut tout employé à préparer mon établissement à laMirine, et à remplir d'ennuyeux devoirs. Gouvion, que je remplaçais, avait été attendre dans ses terres, près d'Orléans, que la purée se démêlât. On lui avait dépêché un courrier, il arriva dans la nuit, et le lundi à huit heures du matin, je fus au ministère, où je n'avais point voulu entrer qu'il ne fut de retour. Il me fallut attendre qu'il fût sorti du bain, après quoi il vint me trouver et nous commençâmes à parler d'affaires.
« L'esprit de ce maréchal est étroit et méthodique, il entend bien la distribution du travail, et il venait de donner une bonne organisation à ses bureaux, que je me plus à maintenir. Il regrettait très sincèrement le ministère de la Marine parce qu'il croyait toucher