‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 57 sur 204 · PREMIER CONSEIL DE CABINET · texte numérisé non relu

PREMIER CONSEIL DE CABINET

prince des lettres que je n'ai point lues, mais qui devaient renfermer de sages directions; peu de gens ont su cette particularité : j'ai la certitude que Paunac eut pendant quelque temps avec M. le duc d'Angoulême une correspondance dans le genre de celle de Fiévée avec Napoléon.

« Le maréchal Gouvion avait supprimé la place de secrétaire général de la Marine, et en avait réuni les fondions à celles de directeur du personnel, dans la personne de M. Carpentier. Je rétablis la place et la donnai à mon fidèle Vauvilliers que j'avais amené des Ponts et Chaussées, et qui, à la Marine comme aux Ponts et Chaussées, comme à la Justice et à Dijon, remplit auprès de moi les fonctions de secrétaire intime. Laine fit donner l'importante et agréable direction que je quittais à son sous-secrétaire d'Etat de l'Intérieur, M. Becquey, un des hommes de France les moins capables de la remplir.

« Mon entrée dans le ministère ne pouvait rien m'apprendre sur ceux qui le composaient ni sur leurs rapports entre eux.

« Je savais qu'aux yeux du public, j'allais encourir la responsabilité de tout ce qu'il ne serait en mon pouvoir ni de prévenir ni de réparer; je savais que mon influence sur M. de Richelieu et dans les affaires, ne répondrait en rien à ce que ce même public s'en était promis ; enfin que j'aurais à choisir à mon tour, entre le rôle de complaisant, d'instrument de Decazes, ou de l'avoir pour adversaire et pour ennemi.

« Je débutai par un conseil de cabinet chez M. de Richelieu pour le Concordat. C'était le troisième tenu sur cette même matière. Gomme je n'approuvais ni le Concordat, ni toute la conduite de cette importante affaire, je me gardai bien de prendre aucune part à la

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