‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 64 sur 204 · LA CONSPIRATION DE LYON · texte numérisé non relu

LA CONSPIRATION DE LYON

« Depuis que j'étais dans le cabinet, les fatales conséquences s'en déroulaient sojus mes yeux; les grandes autorités de Lyon ne pouvaient se mettre d'accord sur les causes des troubles dont la ville et les campagnes avaient été le théâtre; on les changea toutes, pour éviter de donner tort ou raison à aucune. C'était assez ce que demandait Marmont, qui se montrait fort au-dessous de la commission si délicate qu'il avait reçue. Le préfet de Lyon, Chabrol, fut si bien traité que son changement ressembla plutôt à une promotion qu'à une disgrâce, on le nomma soussecrétaire d'Etat de l'Intérieur ; le général Lannes inspecteur général d'infanterie avec le grand cordon de la Légion d'Honneur, enfin Sainneville, le protégé de Decazes et depuis si longtemps pierre d'achoppement entre lui et Laine, passa lieutenant de police à Strasbourg.

« Maintenant, si le lecteur me demande ce que j'ai pensé moi-même sur ce grand procès où l'opinion hésite encore, je lui répondrai que, malgré tous mes efforts pour pénétrer dans ce labyrinthe d'intrigues, je n'ai pu bien en saisir le fil. Au moment où j'écris, 1819, je ne suis encore parvenu qu'à former des conjectures. Je vais les exposer avec candeur, en même temps que je ferai connaître l'avis que j'ouvris dans le conseil, et que je n'ai cessé d'y soutenir.

<( Les royalistes ont accusé M. Decazes d'avoir jeté le voile sur la conspiration de Lyon, pour en épargner et surtout dissimuler les auteurs : cela m'a toujours paru aussi absurde que faux. Les royalistes, ou plutôt les ultras, sont accusés à leur tour d'avoir fomenté le complot et entraîné, sédnit de misérables victimes qu'ils ont ensuite égorgées.

« Je n'ai rien découvert qui justifie une imputation

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