‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 65 sur 204 · LV ( ONSPIHATION DE LYON · texte numérisé non relu

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.iiissi odieuse; mais tout ce que j'ai recueilli me porte il croire que la police militaire, dirigée par Canuel, a t'ait un peu plus que surveiller l'esprit bonapartiste, qui régnait dans ces contrées. Elle l'a provoqué, au point peut-être de suggérer et de décider la levée de boucliers qui fut si aisément réprimée et si sévèrement punie. Les autorités civiles, d'abord alarmées, craignirent ensuite de rester en arrière dans une telle circonstance, et qu'on ne les taxât de faiblesse ou de tiédeur; le préfet de police Sainneville, absent par congé au moment de la découverte, fut d'autant plus en butte aux traits des royalistes, que, créature dévouée de Decazes, il avait constamment soutenu seul que la conspiration était imaginaire. D'ailleurs sa vie privée ainsi que sa vie publique souffrait d'un genre de soupçon. Pour Decazes je le vis, selon sa coutume, changer de conviction, ou plutôt de velléité trois ou quatre fois. Les premières nouvelles le trouvèrent plus que crédule; il pensa d'abord à lui et voulant, préalablement à tout, se mettre à l'abri des attaques du pavillon de Marsan, il déploya un appareil de cours prévôtales et de supplice qu'on lui a tant reproché. Mais de la crainte de la Cour il passa à celle du parti libéral qui se récrierait sur les cruautés commises et les manœuvres employées.

« Les doctrinaires, animés par Camille Jordan, prirent fait et cause et menacèrent Decazes de l'abandonner. Marmont, conduit par son aide de camp Fabvier, s'était rangé du côté de Sainneville et n'épargnait rien non plus dans sa correspondance pour persuader que tout avait été inventé. Decazes, ne sachant plus qui croire, se décida a casser toute recherche et à refuser justice aux deux partis qui la réclamèrent d'autant plus haut qu'ils surent qu'on ne la leur ren-

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