‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 72 sur 204 · LE SÉNÉGAL · texte numérisé non relu

LE SÉNÉGAL

garnison avec les ouvriers, les matfiriaux nécessaires, et des présents pour les naturels du pays.

(( Il existait à la Marine un individu qui jouait encore un rôle important, quoiqu'il eût abandonné la division dont il était le chef pour prendre la place d'intendant de la maison du Roi. Son nom était Forestier; courtisan empressé, rédacteur agréable, il était en possession du droit de donner son avis au ministre sur tout projet de colonisation. Celui de Schmaltz lui avait monté la tête jusqu'à la lui faire perdre. Toutefois, je le soupçonnais de montrer un peu plus d'enthousiasme qu'il n'en éprouvait. Quoique Forestier fût homme d'imagination, il avait trop d'expérience pour être si crédule, mais il voulait complaire au favori auquel il faisait une cour assidue; rapporteur de la commission chargée d'examiner les demandes de Schmaltz, il proposait de les approuver toutes. Je crus que la chose valait la peine de faire venir Schmaltz en France, et je résolus de le remplacer momentanément par un officier instruit, con- , naissant déjà le Sénégal et l'Afrique. C'était aussi l'avis de Portai ; j'expédiai donc avec les instructions les plus détaillées le lieutenant de frégate Fieuriau, qui réunissait les qualités nécessaires, avec ordre de prendre le commandement de la colonie et de véritier par lui-même toutes les assertions si séduisantes de celui qu'il remplaçait.

(( Je trouvai aussi le projet ^ormé pour Cayenne entre les mains de Forestier. Il devait entraîner bien moins de dépenses que celui du Sénégal, mais, malgré l'avis de Forestier, et aussi celui de Portai, le succès ne m'en paraissait pas moins incertain.

« Un capitaine de vaisseau nommé Philibert, distingué par ses connaissances et sa bravoure, en était

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