‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 79 sur 204 · OUVERTURE DE LA SESSION DE · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE LA SESSION DE

esprit qui lui parlait par ma bouche. Quelquefois, M. de Richelieu lui envoyait Laine, auquel on ne pouvait, du moins, reprocher d'avoir servi Bonaparte ni manquer de dévouement aux Bourbons. Mais le pauvre Laine en revenait ordinairement malade et se promettant bien de n'y plus retourner.

« L'ouverture de la session de 1817 se fit le 6 novembre, tous les princes y assistèrent, excepté M. le duc d'Angoulême qui n'était pas encore de retour. M. le duc d'Orléans y mena son fils, le duc de Chartres, ce qui fut très mal pris de la Cour. J'étais avec mes collègues à attendre le Roi dans le salon qu'on lui avait préparé. Je me trouvai si mal ce jour-là que je fus obligé de retourner chez moi, pour y prendre de l'opium et me mettre en état d'assister à la cérémonie.

« On sait que le discours royal présente le programme de la session. Nous avions suivant la coutume examiné celui-ci en conseil chez M. de Richelieu, le Roi y passait en revue les principaux objets dont les chambres auraient à s'occuper. D'abord il annonça que le traité avec le Saint-Siège était enfin conclu, que ses ministres en le communiquant aux chambres, (( proposeraient un projet de loi nécessaire pour donner la sanction législative à celles de ses dispositions qui en seraient susceptibles, et pour les mettre en harmonie avec la Charte, les lois du royaume et les libertés de l'Eglise gallicane ».

« Il y avait dans ces paroles plus d'une satisfaction donnée à l'opinion; la droite les regarda comme autant de concessions faites à un parti et en parut sur l'heure fort irritée.

« Le discours demandait ensuite l'approbation des dépenses imprévues causées par la disette; cet article

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