LE DISCOURS ROYAL
regardait particulièrement M. Laine. Puis sur le redoutable sujet des liquidations étrangères, le Roi s'exprimait en ces termes :
« Les conventions que j'ai dû souscrire en 1815, en présentant des résultats qui ne pouvaient être prévus, ont nécessité une nouvelle négociation; tout me fait espérer que son issue sera favorable et que des conditions trop au-dessus de nos forces seront remplacées par d'autres plus conformes à l'équité, aux bornes et à la possibilité des sacrifices que mon peuple supporte avec une constance qui ne saurait ajouter à mon amour. »
« On voit que mon avis avait été suivi et que le Roi, en s'appropriant par ses paroles la funeste convention de 1813, l'avait placée sous la protection de son nom, moyen peu constitutionnel, mais le seul, peutêtre, d'empêcher les chambres de prendre feu sur celte convention.
(( Se hâtant de détourner l'attention sur des pensées plus consolantes, le Roi faisait espérer la retraite des étrangers aux époques les plus rapprochées entre celles stipulées par les traités, et promettait que les cours prévotales cesseraient d'exister au terme indiqué par la loi qui les avait instituées. Il terminait ainsi :
« J'ai fait rédiger conformément à la Charte une loi de recrutement. Je veux qu'aucun privilège ne puisse être invoqué ; que l'esprit et les dispositions de cette Charte, notre véritable boussole, qui appelle indistinctement tous les Français aux grades et aux emplois, ne soient pas illusoires et que le soldat n'ait d'autre borne a son honorable carrière que ses talents et que ses services. »
« C'est ainsi qu'il fut parlé au public pour la première fois de cette fameuse loi de recrutement, deve-
ui. 10