‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 81 sur 204 · ADRESSE DES CHAMBRES · texte numérisé non relu

ADRESSE DES CHAMBRES

nue depuis, comme celle des élections, un point de mire entre les partis. Le projet, re'digé par Gouvion ou plutôt par ses faiseurs, n'avait pas encore passé sous mes yeux et la suite prouvera que je me trouvai entraîné à la défendre, sans avoir concouru en rien à son examen ou à son adoption.

« Les chambres se séparèrent; celle des pairs nomma pour secrétaires mon beau-frère Lamoignon, le général Dessolle, le duc de Raguse que nous portions, mais notre quatrième candidat manqua son élection et les ultras lui substituèrent le duc de Feltre, qu'ils portaient avec ardeur pour jouer pièce au ministère. Fontanes et Lally, ayant été à l'ordinaire chargés de rédiger l'adresse, elle ne fut que le discours du trône retourné, mais on y reconnaissait la plume de Fontanes dans ce passage:

« Lorsque votre âme royale gémit avec tant de dignité sur les revers dont la France est accablée, vos sujets sauront taire leur propre souffrance, pour ne pas accroître les vôtres. Mais ils se rappellent toujours qu'une politique magnanime a réuni les souverains alliés contre ces doctrines pernicieuses, qui d'un bout de l'Europe à l'autre menaçaient les anciennes dynasties et la Société tout entière. Ils ont la ferme confiance, que ces souverains ne sacrifieront pas aux calculs d'un moment de nobles intérêts plus dignes d'eux et de Votre Majesté, plus dignes même, nous osons le dire, de cette nation française qui, retrouvant toutes ses vertus dans les épreuves du malheur, n'a point murmuré jusqu'ici d'avoir été punie de trop de gloire. »

« Pendant que les pairs présentaient leur adresse, les députés choisissaient les candidats à la présidence de leur chambre. La majorité absolue se réunit sur

Page 1