PROPOSITION DE DE SERRE
(( Vers ce même temps la mort frappa à coups redoublés une dynastie puissante; l'unique liéritière du trône d'Angleterre, enlevée à la fleur de son âge, suivit au tombeau l'enfant premier né auquel elle venait de donner le jour, mais ces événements produisirent peu d'effet en France, la session absorbant tous les esprits.
« A peine de Serre était-il pour la seconde fois en possession du fauteuil, qu'il le quitta pour proposer à la tribune des changements nombreux et importants aux règlements intérieurs de la chambre ; c'était dans sa position une fausse démarche qui me donna toute la mesure de son manque de conduite et de prudence. 11 compromettait ainsi dès le premier jour, et sans nécessité, sa faveur dans l'assemblée par une proposition faite pour déplaire à tous les partis, et qui tendait à augmenter l'autorité du président non moins que celle de la chambre sur les députés; ce jour-là de Serre fit à mes yeux profession de doctrinaire, c'està-dire d'esprit antipathique à l'esprit de gouvernement, mais où il se montra plus doctrinaire encore, ce fut dans son mécompte de l'ascendant de ses lumières, en ne comprenant pas le froid accueil qu'il avait reçu; aussi ne se montra-t-il pas plus maniable dans ses relations avec le ministère; il semblait même vouloir gagner en domination sur lui ce qu'il craignait d'avoir perdu d'influence sur ses collègues.
u Pendant que la commission de l'adresse préparait son travail, il refusa de s'entendre avec le cabinet, comme cela était d'usage, et ne voulut pas communiquer à M. de Richelieu le projet d'adresse dont il était l'auteur, et qui fut adopté, sauf de légers changements. Les députés dans leur adresse s'exprimaient avec plus d'énergie que les pairs sur le terme