DECAZÏS PAIR DE FRANCE
(lirais à M. de Uichelieu, nous ne pouvons pas continuer à nous asseoir auprès de vous sans opposer aux outrages qui vous sont adressés un témoignage de notre estime. »
<( — M. de Hichalieu, interrompit Decazes, a-t-il jamais payé du moindre retour mon amitié ? »
« — Eti bien, lui répondis-je, je vais de ce pas lui déclarer que le Roi doit à son ministère tout entier de vous revêtir à l'instant même de la pairie. »
« A ce mot de pairie, le front de Decazes s'éilaircit.
« Tout, reprit-il, tout ce que votre bonne amitié pour moi vous suggérera sera bien fait, mais je connais le Roi, autant il sera heureux que vous lui en parliez, que M. de Richelieu lui en fasse la demande, autant il serait éloigné de prendre l'initiative et de me faire pair de son propre mouvement. » Je compris Decazes et je le quittai en l'assurant que je faisais de cette affaire la mienne.
« Le lendemain, à huit heures j'étais chez M. de Richelieu ; après avoir naturellement amené l'entretien sur la situation du ministre de la Police, j'insistai sur la nécessité de le relever, d'autant plus qu'on s'acharnait davantage à le calomnier et à l'avilir. Enfin, et après beaucoup de circonlocutions, j'abordai l'idée de la pairie. « Que le Roi le fasse pair s'il le veut, me répondit le duc, mais pour moi je trouve que ce serait prématuré. Sans doute, nous devons témoigner à Decazes d'autant plus d'estime qu'il est plus indécemment attaqué, mais la pairie est la récompense d'une carrière plus longue que la sienne, et il ne peut manquer d'en être revêtu un jour. »
<( Je ne crus pas prudent pour le moment d'aller plus avant et je fis part à Decazes des obstacles que