‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 106 sur 203 · Cette lettre nous manque · texte numérisé non relu

Cette lettre nous manque

214 LA DÉCLARATION DU CONSEIL d'ÉTAT.

lui donnez dans son intérêt même et celui de sCn fils Font frappé. J'ai achevé de le rassurer sur vos sentiments. « Groyez-vous, m'a-t-il dit, qu'il refuserait de me prêter de nouveau serment? ■ — Vous sentez bien, répliquai-je, que si je ne voulais pas être fidèle à l'Empereur et lui en faire le serment, je n'aurais pas accepté la place de Conseiller d'Etat. — C'est ce que j'ai dit, reprit Régnier. Puis se jetant à mon col et les larmes aux yeux : « Allons, mon cher Mole, signez la déclaration et demain matin, à son lever, portez cette bonne nouvelle à l'Empereur. — Si je signais actuellement, l'Empereur m'en estimerait moins, les raisons qui m'ont empêché de le faire ne sont pas de nature à changer, au reste j'irai demain au lever m'en expliquer avec l'Empereur. » Régnier insista outre mesure : « L'Empereur ne vous le demandera pas, ajouta-t-il, mais vous êtes sûr que vous lui feriez grand plaisir. »

(( Le lendemain je fus au lever; un double motif m'y conduisait, je venais me défendre et y défendre Pasquier, qui avait été exilé à quarante lieues de Paris. Je demandai à l'Empereur à lui parler en particulier, il me l'accorda.

(( — Eh bien, me dit-il en souriant, vous avez donc fait le revêche ?

« — Sire, vous avez lu mes raisons ; il y a dans la déclaration des principes dignes de 1793, elle commence par : toute souveraineté réside dans le peuple. Avec ce principe, le peuple peut changer de gouvernement et de monarque tous les jours, il donne et retire à son gré la couronne, il pourra la refuser à votre fils. Encore s'il y avait « émane », on pourrait dire qu'en déléguant à jamais à un homme et à sa race la souveraineté, il aliène le droit de la lui retirer,

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