‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 107 sur 203 · INTERVENTION EN FAVEUR DE PASQLIER · texte numérisé non relu

INTERVENTION EN FAVEUR DE PASQLIER

mais (( réside » ne laisse pas de bornes à l'instabilité des institutions et du trône.

(( — Votre observation est très juste et j'en suis frappé, mais pourquoi ne l'avez-vous pas faite au Conseil lors de la discussion?

« — Au Conseil, Sire, j'y ai peur.

« — Comment, vous y avez peur? Qu'est-ce que cela veut dire?

« — Sire, j'y ai peur parce que j'y vois la révolulion menaçante, prête à vomir encore sur la France la terreur et les proscriptions, j'y vois, prêts à recommencer et à renouveler nos longs malheurs, les hommes qui ont fait la loi des suspects et ceux qui proposèrent la déportation des nobles. Je ne m'y sens pas de force pour lutter avec de pareils hommes et je ne songe qu'à m'en faire oublier.

« — Il faut bien se servir des Jacobins dans ce moment pour combattre le danger le plus pressant; mais soyez tranquille, je suis là pour les arrêter, ils ne me feront pas aller plus loin que je ne voudrai. Vous verrez que vous ne craindrez plus de parler au Conseil d'Etat, lorsque je le présiderai. »

(( La conversation se prolongea sur ce ton et sur ce sujet. Je voulus hasarder quelques mots sur les décrets d'exil et de séquestre qui avaient paru la veille. Il ne me laissa pas achever.

(c — Ne voyez-vous pas, me dit-il, que ces mesure* protègent ceux-là mêmes qu'elles paraissent frapper? Elles effrayent, elle coAtiennent des hommes prêts à se compromettre, et elles m'épargnent des actes peut-être plus légaux, mais bien plus rigoureux.

(( — Sire, vous y avez compris un homme pour le-t quel j'invoque particulièrement votre justice et votre bonté, c'est M. Pasquier.

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