‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 11 sur 203 · Chapitre X, 1" partie · texte numérisé non relu

Chapitre X, 1" partie

Par progrès, il faut entendre le développement régulier de nos facultés.

Traitant des causes d'égarement de notre esprit, M. Mole constate que l'erreur exerce plus de ravages que nos passions. « Vraiment on calomnie les passions », écrit-il, « elles ne sont que les causes des maux dont l'erreur est le principe. Les passions s'usent, l'erreur est éternelle et ne se lasse jamais. Les passions entraînent ceux qu'elles tourmentent, les aveuglent et souvent les abîment. L'erreur conduit avec méthode, conseille avec prudence ; elle n'ôte pas la connaissance, et laisse éviter le danger ; elle est austère et même inexorable et le mal qu'elle fait connaître, on l'exécute avec la rigueur du devoir, elle éclaire le crime, elle s'entend avec l'orgueil, et tous les crimes qu'elle fait commettre, l'orgueil les récompense'. »

Ailleurs il écrit : « L'orgueil n'est le maître que quand le cœur se tait^. »

Cette part faite à l'indue rice des idées du siècle qui finissait, l'auteur est plutôt de l'école spiritualiste, de l'école de Platon ou de Descartes, et se laisse aller à de belles pages sur Dieu et la religion. Mais il admire surtout Pascal et lui consacre un chapitre spécial.

(( Personne, écrit-il, ne peut le comprendre sans en ressentir un peu d'orgueil... Il semble que Dieu l'ait envoyé sur la terre pour montrer la pensée de l'homme dans toute sa gloire, et pour que l'homme se glorifiât éternellement dans sa pensée.

« Pascal est mort fort jeune, et il a toujours été languissant pendant sa vie : son corps était faible, il ne pouvait soutenir son âme, et il a péri. De cette inégalité entre sa force physique et sa force morale est résul-

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