‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 115 sur 203 · TOURNON ET BARANTE · texte numérisé non relu

TOURNON ET BARANTE

ment à se tuer, au contraire il parait fort attaché à la vie, il hésite entre plusieurs partis. On croit qu'il voulait user du pouvoir que la Constitution lui donne pour dissoudre les Chambres et établir sa dictature, mais il a reculé devant les conséquences d'une telle entreprise. Les députés et les généraux négocient avec lui pour obtenir qu'il abdique en faveur de son fils; enfin un parti dans la Chambre voudrait faire prononcer sa déchéance et rappeler le Roi, mais ce parti à chaque instant plus faible ou plus timide ne parait pas devoir l'emporter. Du reste Paris est tranquille. » « A midi je reviens chez Pasquier oij nous étions convenus de nous retrouver. Chacun apportait ce qu'il avait recueilli. Chacun aussi pensait un peu à soi, la joie brillait sur tous les visages.. Pasquier se voyait déjà élevé au ministère, objet des vœux et de l'ambition de sa vie entière. Barante, dédaignant cette fois^ les préfectures, se croyait appelé à tout. Tournon se contentait de la préfecture de la Seine et de moins encore, pourvu qu'on lui permit de rentrer dans la carrière et qu'on levât l'espèce d'interdiction dont la réaction l'avait frappée en 1814. Pressé de se faire des titres qu'il put présenter à la cause qui allait triompher, Tournon se donnait un mouvement incroyable. De moitié avec Barante, il rédigea un petit pamphlet qu'il fit répandre dans tous les quartiers. En le voyant agir, je m'étonnais intérieurement du peu de gravité et d'élévation de son esprit. Je l'admirais de pouvoir parler avec autant de légèreté et de dédain de celui qu'il avait servi avec un peu plus de soumission que n'en exige même le dévouement* . r • »

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