‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 116 sur 203 · FORMATION D UN COMITE · texte numérisé non relu

FORMATION D UN COMITE

« J'avais détesté, au 20 mars, son entreprise parce qu'elle ne pouvait attirer que des malheurs sur la France. Français avant tout, j'aurais voulu aujourd'hui qu'on prononçât sa déchéance, et qu'il fût envoyé au delà des mers, mais rien ne m'aurait fait insulter cette haute infortune pour arrêter la marche des étrangers, ni perdre le souvenir d'une gloire, que celui même qui l'avait acquise semblait avoir oubliée.

(( Becquey, Royer-Collard, le général de Girardin se réunirent à nous et nous formô^mes ainsi une espèce de comité dont Pasquier était le centre. On se distribua les rôles : Royer avait des intelligences avec la cour de Gand et le faubourg Saint-Germain, Girardin parmi les généraux et l'armée, Barante avec les libéraux et plusieurs députés. Pasquier s'entendait avec Vitrolles, agent du Roi et surtout de Monsieur, que Fouché avait fait sortir de prison et qui se tenait caché rue Royale. Enfin je m'étais chargé de Fouché lui-même, que je voyais à toute heure, et avec lequel ma qualité de membre du Conseil municipal nie donnait des relations que je -pouvais multiplier à mon gré.

(( Ma situation ne manquait pas que d'être très délicate. Je m'en ouvris à Pasquier et à Royer. Nommé Pair par Napoléon, et quoique je n'eusse jamais siégé, je leur offris de paraître tout à coup dans la Chambre haute pour y proposer la déchéance. C'était l'avis de Tournon, mais Pasquier, Royer et Barante s'y opposèrent même dans mon intérêt. « Croyez-moi, me dit Royer-Collard, les royalistes ne

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