‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 120 sur 203 · LA CHAMBRE DES «EPKÉSENTANTS · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DES «EPKÉSENTANTS

j'avais vu Labédoyère faire chez Foiiché; en même temps celui-ci me fit prévenir que les bonapartistes me regardaient comme un traître, parlaient de me faire un mauvais parti ; je n'en fus pas effrayé, et j^ n'y eus aucun mérite ; les événements marchaient si vite, qu'on n'osait plus se venger, et qu'il devenait chaque jour plus pressant pour chacun de penser à soi.

« Les Chambres gardaient toujours la même attitude; celle des représentants, quoiqu'en dise aujourd'hui l'esprit de parti, marquera dans cette époque. Les éléments les plus divers la composaient : toutes les passions, les opinions, les intérêts, et même les crimes de la Révolution s'y trouvaient représentés. Les hommes les plus odieux de la Convention : Barrère, Cambon, reparurent à la tribune ; à la vérité leur langage était bien changé, on eût dit qu'ils ne songeaient qu'à se réhabiliter en professant l'amour des institutions les plus éprouvées et les principes les plus sagement libéraux. Tandis que ces révolutionnaires convertis demandaient dans tous leurs discours le gouvernement de l'Angleterre, les bonapartistes, couverts d'or et de cordons, tels que Regnault, Defermon, Boulay, Merlin, proposaient les mesures les plus violentes et poussaient à la dictature.

« Les uns et les autres s'entendaient cependant sui un seul point : l'exclusion des Bourbons, ou au moins de la branche régnante. Tout souverain, pourvu qu'il ne fût pas légitime, leur était bon.

<( Le premier acte important de cette législature fut de charger une Commission de reviser toutes nos constitutions, y compris l'acte additionnel. Détermination remarquable, qui justifiait bien ce que j'avais dit souvent à Napoléon. C'est qu'en opposant les inté-

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