MANUEL
de manifester leur existence. Les bonapartistes, jouissant de leur reste et ayant le pressentiment de leur fin, ne lîpjgaient aucune mesure, et demandaient avec fureur qu'on se liât par des serncients et des engagements irrévocables. Les orléanistes eussent été plus hardis et plus nombreux, s'ils avaient compté davantage sur le duc d'Orléans qui, comme Boulay le dit un jour à la tribune, laissait douter s'il accepterait la couronne. Quant aux partisans de Louis XVIII, opprimés et peu nombreux, ils étaient obligés de dissimuler leur véritable vœu, et de déguiser avec beaucoup d'art leurs efforts.
« Au milieu de cette lutte, un seul orateur se fit remarquer par son talent ; ce fut Manuel, jeune avocat dauphinois, agent dévoué de Fouché. Ses discours étaient en quelque sorte le miroir fidèle de la conduite de ce dernier, et répétaient toute sa tactique. Ménageant tous les partis, ne parlant que de principes, d'institutions, d'indépendance et de patrie, Manuel arrivait à la fin de toutes les discussions pour calmer les esprits et obtenir qu'on ne s'égorgeât pas.
« Cependant les trois partis se comptèrent lorsqu'on nomma la Commission du gouvernement. Notre Comité, qui ne laissait pas que d'avoir des intelligences dans les Chambres, portait Fouché, Caulaincourt, Lanjuinais, Mac Donald et Lafayette.
(c Pour comprendre ces choix, il faut savoir que nous ne pouvions en espérer de meilleurs. Mac Donald était tout à fait à nous, Fouché était inévitable, et ne voulait, après tout, que subir la Restauration ; il disposait de Caulaincourt, qui n'inspirait pas d'ombrage aux bonapartistes et n'avait d'autre désir que de se justifier de la mort du duc d'Enghien, en se réconciliant avec les Bourbons; Lanjuinais, homme