‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 124 sur 203 · EFFORTS POUR RAPPELER LE ROI · texte numérisé non relu

EFFORTS POUR RAPPELER LE ROI

et enfin Louis XVIII avec des conditions et une constitution qu'on imposerait.

(( Nous avions fait sonder Mac-Donald et Oudinot ; plusieurs généraux tels que Villatte et Claparède nous proposaient d'agir, si ces deux maréchaux voulaient se montrer. Mais ceux-ci refusèrent, et continuèrent de se tenir à l'écart. Ce que l'on ne croira pas, c'est que le Roi et ses ministres ne donnèrent pas un signe de vie à ceux qui travaillaient pour eux dans Paris. Pas un seul exemplaire des proclamations de Cateau- Cambrésis et de Cambrai n'y pénétra. Pas un émissaire, pas une instruction, pas une lettre, ne vint guider les efforts et soutenir le courage de tant de gens prêts à se dévouer. C'est ainsi que cette cause a toujours été servie.

« Le moment pressait. Il n'y avait plus une minute à perdre pour rappeler le Roi, si on voulait arrêter la marche des étrangers. Nous nous décidâmes à tenter un dernier effort pour entraîner Fouché et faire la loi aux Chambres, en nous servant de l'armée ellemême et du Conseil. Il fut convenu que Vitrolles aurait les pouvoirs du Roi ; que Girardin irait avec Pasquier trouver le général Grouchy à Soissons, pour lui représenter qu'en se déclarant pour le Roi avec son corps d'armée, il sauvait la France et ferait oublier sa conduite envers le duc d'Angoulême dans le Midi. En même temps je devais présenter mon adresse au Conseil municipal et l'apporter ensuite à la Chambre des représentants.

(( Rien de tout cela ne réussit. Vitrolles fut repoussé par le prince d'Eckmûhl, qui lui demanda s'il le prenait pour un traître, et le menaça de le faire arrêter. Girardin et Pasquier nous donnèrent la comédie, avant de se mettre en route.

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