‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 126 sur 203 · BOND Y · texte numérisé non relu

BOND Y

lu, le projet d'adresse, puis appuyant ses mains sur son front :

« — Monsieur Mole, me dit-il, je sens la force de vos raisons et j'y cède, quoiqu'il m'en coûte, mais «le grâce, sacrifiez-moi la forme, permettez que je rédige) une adresse qu'un fidèle serviteur de l'Empereur puisse signer. Rappelons le Roi, mais dans des termes qui indiquent que nous ne faisons que céder à la nécessité.

« — Alors mon but est manqué, lui répliquai-je ; que craignez-vous? Décidés à rappeler le Roi, ne vautil pas mieux le faire de bonne grâce, volontairement, 'qu'y paraître contraints.!^ N'est-ce pas à la fois noble, plus utile, et plus conforme à l'intérêt général et aux intérêts particuliers ? »

Bondy ne discutait plus que sur quelques expressions, je tins bon. « Allons, me dit-il, en me serrant la main, vous le voulez, partons; vous serez content de moi, mais nous échouerons. »

<( Nous nous rendons, précédés d'un huissier, dans la salle du conseil : ses membres, à l'exception de Tourolles et de d'Aligre, attendaient la communication que je devais leur faire. Le Préfet se place dans son fauteuil et annonce, en peu de mots, qu'il regarde ma proposition comme le seul moyen d'épargner une foule de maux à la Patrie. Je pris la parole et après avoir fait le tableau de la situation de Paris et de la France, je lus le projet d'adresse suivant :

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