INTRIGUES DE FOUCHÉ
un drôle vraiment dangereux ; Bonaparte l'avait nommé chef de la légion du faubourg Saint-Marceau, et quinze cents de ses ouvriers formaient l'élite, c'està-dire la lie, des fédérés.
« Je fus heureux de sortir de l'Hôtel de Ville sain et sauf, et je sortis faisant ma retraite, comme on le voit, en assez bon ordre.
« Je rendis compte au comité de ce qui s'était passé; Pasquier en fît autant de sa mission, qu'il avait remplie plus gaiement.
« Quand j'allai chez Fouché, « je vous l'avais bien dit, » s'écria-t-il en me frappant sur l'épaule. Fidèle au plan qu'il s'était tracé, Fouché écrivit au duc de Wellington pour arrêter sa marche, jusqu'à ce que les Chambres eussent mis la dernière main au pacte social que le souverain appelé à gouverner la France serait obliger de signer. Cette lettre demeura sans réponse et les commissaires envoyés tant au duc qu'aux souverains ne furent pas même reçus. En même temps, Fouché adressa des agents secrets à Talleyrand et au prince de Metternich, avec lesquels il n'avait pas cessé de correspondre pendant les Gent-Jours. Plus le dénouement approchait, plus il cherchait à se rendre agréable aux royalistes. Il douait des passeports à tous ceux qui voulaient aller à la rencontre du Roi.
« Personne n'est plus sous l'empire de ses relations intimes, et ne juge plus mal de l'aptitude et de la capacité des autres que Fouché; c'est son seul trait de ressemblance avec Talleyrand. Il était alors assez engoué du frère de ce dernier, Archambaud de Périgord, devenu duc de Talleyrand, et de Bruno de Boisgelin ; l'un et l'autre lui avaient été donnés par ses amies la princesse de Vaudemont et la duchesse de Fleury, qu'on appelait depuis son divorce du nom de M™* Aimée de