Chapitre VIII, ii* partie
peut parvenir plus sûrement que par l'ordre et hy repos. Le tableau qu'il fait de l'Egypte mérite d'être mentionné.
L'ordre étant l'aspiration instinctive de l'homme, et le but de la société, M. Mole en conclut que le gouvernement naturel, c'est la monarchie *. Il fut souvent accusé d'avoir commencé sa carrière par l'apologie du despotisme. Cette calomnie, inventée pour les besoins des polémiques politiques, est démentie par les propres paroles de M. Mole. Il démontre au contraire que la monarchie est le plus sûr rempart contre le despotisme. (( Lo despotisme s'établit en retranchant tous les intermédiaires ; alors le trône domine tout. Les commandements qui tombent de si haut, comme un corps dont rien ne modère la chute, renversent ceux qu'ils frappent, écrasent, au lieu d'incliner, ceux qui doivent obéir. Le despote agit immédiatement sur toutes les classes et sur chaque individu; il frappe le pauvre à l'insu du riche, et le riche, sans pouvoir comme sans défense, demeure exposé à ses coups. Le despote tremble à l'apparence d'une hiérarchie, il ne reconnaît que des favoris et des esclaves. Hors de là il n'épargne que les prospérités qu'il ignore. »
Ces intermédiaires so^nt des institutions et une forte hiérarchie, garanties du pouvoir et de la liberté. Consciemment ou non, M. Mole se rattache aux principes de la vieille monarchie française, et continue les traditions des grands parlementaires, ses aïeux.
Une monarchie tempérée par des intermédiaires entre les classes élevées et le peuple, l'autorité du souverain rendant impossible l'arbitraire aristocratique aussi bien que l'arbitraire démagogique, l'ae-