‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 132 sur 203 · LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS

discours de la plupart de ses orateurs respiraient un véritable patriotisme.

(( A la veille d'être dissoute par les légions de l'Europe coalisée, cette Chambre protestait avec calme, mais sans force, contre les violences qui allaient être faites à la Nation, et en appelait à l'incorrupliblo avenir. On s'efforce aujourd'hui de la couvrir de mépris ou d'anathèmes, mais il ne se fera pas une révolution en France sans qu'on lui élève des statues ; elle demeurera condamnée sans doute, tant que le dogme de la légitimité prévaudra, mais le jour où la doctrine des droits des peuples l'emportera, elle deviendra l'objet d'un culte.

« C'est dans son adresse aux Français, rédigée par Manuel, que se trouve consignée sa mémorable protestation.

(( Nous ne saurions avouer, disait-elle, pour chef légitime de l'Etat, celui qui en montant sur le trône refuserait de reconnaître les droits de la Nation, et de les consacrer par un pacte solennel. Si la force des armes parvenait à nous imposer momentanément un maître, si les destins d'une grande nation devaient encore être livrés aux caprices et à l'arbitraire d'un petit nombre de privilégiés, alors, cédant à la force, la Chambre des représentants protestera h la face du monde entier des droits de la nation française opprimée. Elle en appelle, dès à présent, à la justice et à la raison de tous les peuples civilisés. »

« Le nom de Napoléon n'était pas prononcé dans cette adresse, ce qui excita de vives réclamations de tous ses partisans. Manuel mit un art et un talent remarquables à leur répondre. Comme son maître

Page 1