DISCOURS DE MANUEL
Fouché, il voulait évidemment imposer à Louis XVIII des conditions et une constitution que les Chambres auraient dictées. Toutefois ici, pourtant, il fut contraint de quitter le masque, et, à son grand regret, il ne put éviter de se compromettre. Accusé hautement de dissimulation, de détours, il vit que s'il ne s'expliquait pas, il allait perdre sa popularité et son crédit. (( Faut-il, s'écria-t-il alors, dire ma pensée tout entière.»^ Je veux le bonheur des Français, mais je ne crois pas que ce bonheur puisse exister, si le règne de Louis XVIII recommence. »
(( Ce fut par ces paroles que Manuel se brouilla avec le parti des Bourbons, qui, jusque là, fondait sur lui ses espérances. Il a voulu les expliquer depuis; on a eu la sottise de ne pas prendre ses explications pour valables. Doué d'une figure et d'un organe agréables, dans la force de l'âge et du talent, Manuel pourra devenir un ennemi incommode, et il n'y avait rien de si facile que d'en faire un auxiliaire utile. C'est toujours la même faute, cette même manie de pureté, qui fait qu'au lieu de grossir ses rangs on les éclaircit.
« Cependant le canon se faisait entendre de toutes parts, l'armée, adossée aux murailles de Paris, n'attendait que le signal pour s'élancer sur les lignes des assiégeants; tous les jours, un plus grand nombre de gardes nationales venaient la joindre, pour vaincre ou périr avec elle. La haine de l'étranger donnait une même âme à tout ce qui savait manier l'épée. A toute heure, le combat pouvait commencer et avoir pour issue le pillage et l'incendie de la capitale
« Jamais Paris n'avait couru un aussi grand danger, et dans mon opinion, c'est au prince d'Eckmùhl qu'il doit d'y avoir échappé. Cet homme si dur, si haï par-