‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 142 sur 203 · CONFÉRENCE DE NEUILLY · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE DE NEUILLY

s'entretint bas avec lui pendant quelques instants ; à mesure qu'ils parlaient l'un et l'autre, leurs manières devenaient plus libres et leurs physionomies se déridaient. Ils appelèrent le duc de Wellington en tiers comme pour le rendre dépositaire ou témoin des ouvertures, des promesses qu'ils s'étaient faites; puis ils se réunirent au rang des assistants.

<( On s'assit et alors commença une conférence dont Talleyrand, Fouché, le duc de Wellington et Pozzo furent les principaux ou plutôt les seuls interlocuteurs. €elte conférence faisait évidemment suite à ce qui venait de se passer entre Talleyrand, le duc d'Otrante «t le duc de Wellington. Ce dernier parla beaucoup, et avec chaleur, de la nécessité de punir, en arrivant, les vrais coupables.

(( — Ce serait la première fois, s'écria-t-il, qu'un trône aurait été renversé et relevé, un Roi trahi, chassé et rétabli, sans qu'un seul châtiment satisfasse aux droits de la justice et effraye ceux qui seraient tentés de se porter aux mêmes attentats. »

« Fouché défendit avec obstination les fauteurs présumés du 20 mars eux-mêmes, tels que Ney, soutenant qu'il était de l'intérêt de Louis XYIII et de sa politique de tout pardonner. Aux arguments du duc ■àe Wellington, il composait ce babil révolutionnaire qui lui est particulier, il parlait de la révolution du 20 mars comme d'une espièglerie, d'un tour d'écolier, ■au'on ne pouvait trop tôt ni trop complètement oublier. Il savait mieux que personne ce qu'il en fallait penser; sa mauvaise foi était évidente. Aussi tout •ce qu'il en disait n'avait-il pas pour objet de persuader personne, mais bien de conserver la confiance de sou parti.

« Je m'amusai de la simplicité du duc de Wel-

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