‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 144 sur 203 · RETOUR DU ROI A PARIS · texte numérisé non relu

RETOUR DU ROI A PARIS

ardents d'entre eux protestèrent contre cetle violence, et se réunirent chez M. de La Fayette pour continuer leurs délibérations.

« Enfin le 9 juillet le Roi revint à Paris, tellement inquiet, grâce à Fouché, de la manière dont il y serait reçu, qu'il laissa ignorer jusqu'au dernier moment l'heure et la route qu'il avait choisies. Le Conseil municipal lui-même ne fut pas mis dans la confidence. La députation de ce conseil, dont je faisais partie, erra d'une barrière à l'autre, et s'arrêta par bonheur à celle où Louis XVIII entra.

(( Fouché lui avait fait dire que les cocardes blanches de sa suite, et les acclamations des gardes du corps exciteraient des scènes dont on ne pouvait calculer les suites. Au lieu de cela, des enfants qui retrouvent un père chéri font éclater moins de transports et de joie que toute cette population accourue n'en témoigna à la vue de son souverain. Jésus-Christ ne fut pas mieux reçu dans Jérusalem que le Roi le fut dans Paris. On saluait en lui la paix, le retour de l'ordre, la fin des orages ; on ne sentait que le bonheur présent, les regards ne se tournaient pas encore vers l'avenir.

(( Dès le lendemain cependant, l'inquiétude s'insinua dans les esprits et leur disposition changea. Mais cette première journée de la restauration des Bourbons présenta le plus beau comme le plus singulier spectacle. On eût dit que depuis la veille, tous les habitants de Paris avaient été renouvelés.

« Où étaient ces fédérés, cette populace menaçante? Qu'était devenue cette garde nationale, cette bourgeoisie si hostile aux Bourbons? Un seul cri, un seul sentiment sortait de toutes les bouches : « Vive le Roi 1 » répétait-on avec ivresse, a Vive à jamais notre père, notre bon Roi. »

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