RETOUR DU ROI A PARIS
<( Le conseil municipal fil sa harangue à la barrière, le préfet réintégré, Chabrol, portait la parole. Le Roi répondit avec sensibilité et convenance, puis, en m 'apercevant, il m'adressa un signe de bienveillance. Il triomphait de voir combien Fouché s'était ou l'avait trompé, et commençait à le croire moins nécessaire- Les princes et les émigrés prirent une confiance sansbornes. Non seulement, dès ce moment, ils se jurèrent la perte du duc d'Otrante, mais encore celle de Talleyrand et de tous ceux qui s'opposeraient à la réaction . Il est certain qu'il y avait dans ce qui se passait sous^ leurs yeux, de quoi égarer le jugement des plus pénétrants. Tout pliait devant la crainte des étrangers, tous les mécontentements se taisaient devant la crainte de fournir un prétexte au partage de la France. Paris et l'opinion publique n'étaient pas changés; le mouvement et les témoignages seuls avaient changé de côté. Ceux qui se taisaient la veille sans même qu'il parut trop leur en coûter, parlaient maintenant et ne criaient que trop haut. Au contraire, ceux qui s'exprimaient avec tant de violence, gardaient un silence morne et menaçant.
(( Les étrangers ne ménageaient pas même les formes, et prodiguaient les humiliations. Il en résultait une tristesse générale, et une impopularité naissante pour le Roi et pour les princes.
(( Tous les fonctionnaires publics, tous les officiers de la garde nationale en activité au 20 mars, furent rétablis dans leurs fonctions. Dessoles, qui avait aussi retrouvé le commandement de la garde nationale, lui fit reprendre sans difficulté la cocarde blanche. Mais l'acte important de cette époque, l'acte par lequel Talleyrand croyait avoir fondé l'éternité de sa puissance, fut l'ordonnance qui composait le gouver-