LOUIS
terre et en avait rapporté sur le crédit des nations des doctrines encore peu répandues sur le continent. <( Rien que l'Angleterre, toute l'Angleterre », telle était sa maxime et il n'avait que des injures à répondre quand on lui faisait une objection. Esprit prévenu et borné, caractère dur et violent, la contradiction l'irrite d'autant plus qu'il n'ose exposer ses doctrines à l'épreuve d'une discussion franche. Jamais il n'écoute, il suit son idée, il la développe ou plutôt il la reproduit jusqu'à satiété, en renforçant de plus en plussa voix, sous des formes de plus en plus tranchantes, jusqu'à ce qu'il arrive à jurer, seule circonstance où l'on puisse dire qu'il sache parler français.
« On se doute bien qu'avec de tels caractères l'abbé Louis était propre à traiter avec les hommes. Aussi a-t-il le don de s'en faire détester. Lié de tout tempsavec le duc d'Otrante, il l'admirait comme homme^ d'Etat, et disait que le chef-d'œuvre de la politique et le triomphe de la philosophie étaient de voir un régicide ministre d'un Bourbon. On ne comprend pas cequi porta l'abbé Louis à émigrer, car il avait toutes lespassions, les allures et les formes, et le langage du révolutionnaire idéal.
(( Il n'y aurait pas eu de meilleur ministre que le maréchal Gouvion Saint-Cyr sans sa profonde paresseet son incroyable opiniâtreté. Il était, à mon avis, lèsent membre de ce ministère qui eût une connaissance suffisante de son département et qui réunît toutes lesconditions pour le bien diriger.
« Enfin, venait Pasquier, '
La nature ne l'avait point fait pour d'aussi grandes. 1. Deux lignes supprimées.