LES SOIRÉES DE TALLEYRAND
quelque autre femme de ce que nous appelions ^on vieux sérail. Il laissait sans scrupule se réunir dans son salon et l'attendre longtemps le duc et la duchesse de Wellington, le prince de Metternich et tout le corpsdiplomatique. La duchesse de Luynes, la princesse Tyskiewicz, le vieux Crawford, le général liulot, le contre-amiral Dumanoir étaient ordinairement assisautour d'une table de creps, où M. de Talleyrand venait de temps en temps jeter quelques pièces d'or. Il restait ainsi jusqu'à quatre heures du matin, tantôt jouant un coup de creps, tantôt réglant les destinécsde la France, tantôt faisant sa cour à une Anglaise ou
à Madame* C'est alors qu'il fit, dit-on, tout ce qu'il
put pour que cette dernière devint la maîtresse du due de Wellington. L'ambition l'emportant sur l'amour, il consentait à la partager avec le duc, afin de le gouverner par elle. Mais Wellington, averti de ses vues secrètes, se garantit de la séduction et Madame... en fut pour ses frais, qui allèrent dit-on, presque jusqu'à la violence. Ces soirées, ou plutôt cette portion de la nuit passée ainsi me plaisait fort, à la fatigue près. J'y voyais les plus grands intérêts s'y traiter entre les^ hommes les plus influents et les plus célèbres de tous les États de l'Europe.
« La situation du Ministère s'aggravait de plus en plus ; jamais, on doit en convenir, aucun Ministère^ n'avait été entouré d'autant de difficultés ; la plus grande peut-être était une impopularité inévitable, et l'impossibilité de s'attirer l'estime et la confiance de la nation^ ramené par les Etrangers, on rejetait sur lui tout ce que l'on avait à soufTrir de leur avidité ou de leur orgueil. Les maux présents semblaient en présager de