NOMINATIONS DE PREFETS
a brebis et le loup, Gouvion Saint-Cyr ne respirait que l'affranchissement du territoire et la réorganisation de l'armée, Pasquier ne sentait que le plaisir
d'être ministre*
Il eut d'abord à nommer à toutes les
préfectures; il me demanda ma liste, je me contentai d'avoir la sienne ; elle était fort mélangée, et annonçait une grande complaisance pourtous les partis, mais surtout pour la Cour. Je lui fis peu de représentations parce que je vis dès lors qu'elles seraient inutiles. J'ai pour principe de proportionner mes conseils à la force de celui à qui ils s'adressent. J'empêchai cependant quelques mauvais choix. Frédéric d'Houdetot fut mis à Gaen sans qu'on le consultât. Je veillais pour ce bon ami, et je ne m'y opposai point. Il me paraissait convenable pour lui que le Roi l'employât à son retour, sauf a quitter quand cela l'ennuierait. Fiévée redemanda sa préfecture de Nevers et ne put l'obtenir.
« Les deux nominations les plus marquantes furent celles de MM. de Bondy et Stanislas de Girardin, aux préfectures de Metz et de Rouen. Le premier avait été préfet de Paris, pendant les Cent-Jours, et passait pour dévoué à Bonaparte, le second, resté préfet de Rouen à cette même époque et membre de la Ghambre des représentants, était accusé d'avoir alors adressé à ses administrés une proclamation véhémente en faveur de Bonaparte. Ges deux choix mirent les princes et la Cour en fureur ; ils jetèrent des cris contre le Ministère et surtout contre le Ministre qui les avaient faits. Pasquier, intimidé, ne pensa plus qu'à les révoquer et épia l'occasion de le faire avec quelque apparence