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de justice. Elle se présenta bientôt pour Bondy, dont on ouvrit, à la poste, des lettres véritablement faites pour le compromettre. Girardin fui destitué à cause de sa prétendue proclamation pendant les Cent-Jours, sans autre forme de procès. On ne lui permit même pas de s'expliquer, et il eut beau prouver ensuite que cette proclamation, au lieu d'être de lui, lui avait été envoyée de Paris avec injonction de l'insérer dans le journal du département, rien ne put l'empêcher d'être sacrifié aux ultra-royalistes.
« On peut juger, par cet échantillon, de ce que le Ministère perdait chaque jour en considération, et combien il était de plus en plus haï et méprisé de tous les partis. Les royalistes l'accusaient hautement de trahir, et leurs adversaires lui reprochaient son insigne lâcheté. Pasquier, ayant nommé ses préfets, voulut en quelque sorte leur donner le diapason par une circulaire. Il chargea Barante de la rédiger, en se réservant de la revoir. Ce qui était de Barante, dans cette circulaire, n'était ni assez ferme ni dit d'assez haut; ce qui était de Pasquier, plus insignifiant encore, n'était remarquable que par l'incorrection et ks fautes de français. Il lui aurait fallu parler un bien autre langage pour établir quelque concert dans cette collection d'administrateurs, choisis dans tous les partis et dans toutes les opinions Aussi, vit-on chaque préfet s'isoler, se mettre en correspondance directe avec les princes, gouverner, administrer selon sa lumière personnelle et ses propres opinions, et parfois se mettre en opposition formelle avec le Ministère.
« Les tribunaux furent composés de la même manière ; les places de juges étant aujourd'hui assez obscures et ignorées, Pasquier crut pouvoir les donner
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aux ultra-royalistes à l'insu des constitutionnels et sans trop les irriter. Toutefois la circulaire qu'il adressa aux Cours royales, ne manquait ni de gravité ni de franchise. Rédigée par Guizot, elle avait échappé à ses corrections ; il accordait à Guizot bien plus de confiance qu'à Barante, parce que son amourpropre était bien plus en sécurité avec lui.
« Le public attendait avec impatience le parti qui serait pris relativement à la convocation des Chambres ^t aux nouvelles élections Par une ordonnance du 15 juillet, la Chambre de 1814 fut dissoute; en même temps les collèges électoraux des départements et d'arrondissement furent convoqués dans l'état où ils se trouvaient, c'est-à-dire tels qu'ils existaient sous Bonaparte. On faisait présenter par ceux d'arrondissement des candidats parmi lesquels ceux des départements devaient prendre la moitié au moins des députés. Le nombre total de ces derniers était porté de deux cent soixante-deux à trois cent quatre-vingt- <juinzevConformémejit à d'anciens sénatus-consultes, les préfets pouvaient adjoindre aux collèges un certain nombre de membres de la Légion d'*lionneur; enfin quatorze articles de la Charte étaient référés à la revision des Chambres.
« Les principaux auteurs de ce plan étaient Pasquier et Barante. Je le blâmai et le combattis dans presque toutes ses parties. Rien n'était si imprudent <jue de permettre la moindre discussioi\ sur la Charte. Le Roi devait la modifier de son propre mouvement comme il l'avait donnée, et la soumettre ainsi non aux délibérations des Assemblées, mais à l'acceptation de la Nation. Quant aux élections, j'avais été d'avis d'en provoquer de nouvelles, mais non pas en laissant faire des électeurs par des préfets indépen-