‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 16 sur 203 · Numéro de décembre · texte numérisé non relu

Numéro de décembre

relie et soutenue, écrit-il, un ton ferme et sans jactance, noble sans enflure, des vues fines et quelquefois profondes, enfin cette mesure dans les opiiiions, cette décence de la bonne compagnie, d'autant plus précieuses qu'elles deviennent tous les jours plus rares, telles sont les qualités qui nous paraissent recommander cet ouvrage au public...

« Par modestie peu commune, l'auteur des Essais ne s'est point nommé à la tète de son ouvrage; mais on assure que c'est le dernier descendant d'une de ces nobles familles de magistrats qui ont si longtemps illustré la France. Dans ce cas, nous serions moins étonnés de l'amour du beau, de l'ordre qui règne dans les Essais; nous ne ferions plus un mérite à l'auteur de posséder un avantage héréditaire; nous ne louerions que son talent. »

Fontanes à son tour loua le livre dans un article du Journal des l)éliats\ qui s'intitulait alors : Journal de l'Empire. Il compare Vauvenargues et M. Mole : (( Tous deux, dit-il, se sont livrés aux plus importantes études dès l'àgo des plaisirs; et le dernier, plus jeune aussi, parait avoir quelque cho^ de plus sévère dans son style et dans ses idées...

« Celui qui consacre ses premiers efforts au soutien des vrais principes et qui les défend avec tant de courage et de talent, ne peut obtenir trop d'éloges. On croit sentir, en le lisant, qu'il a mis dans un parfait accord et sa conduite et ses principes. L'aulorité de ses mœurs fortifie celles de ses opinions. C'est alors que l'envie et la haine elles-mêmes sont contraintes d'accorder à l'écrivain toute l'estime qu'elles s'efforcent jusqu'au dernier moment de refuser à son ouvrage. »

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