PROJET DE LOI ELECTORALE
coin de l'arbitraire et des caprices les plus inexplicables; on fut aussi étonné des noms qu'on n'y voyait pas que de ceux qu'elle renfermait. Le public se souvint de la proclamation de Cambrai, où le Roi avait promis de laisser aux Chambres la désignation des coupables. Qu'aurait-il dit, s'il avait bien su comment ces listes furent formées, à quel point les haines ou les affections particulières y présidèrent. La nation, toute humiliée et malheureuse qu'elle était, aurait encore rougi d'apprendre que les souverains étrangers eurent longtemps ces listes sous les yeux, vingt fois les modiflèrent, et enfin les flétrirent de leur approbation.
« On se préparait aux élections qui allaient décider du destin de la France. M. Pasquier adressa aux collèges électoraux des instructions insignifiantes; la liste des présidents composée de noms étonnés de se trouver ensemble, n'était qu'une série de complaisances pour tous les partis. En même temps, on travaillait aux différents projets de lois que le gouvernement devait présenter pendant la semaine. Un des plus importants était celui qui devait donner à la France un bon mode d'élections. Pour le préparer, Pasquier réunit en conférence Royer-Coilard, Guizot, Barante et moi. Je fus nommé rapporteur. J'avais beaucoup réfléchi sur cette matière; peu de jours me suffirent pour rédiger et présenter h la conférence la note et le projet de loi qui se trouvent parmi les pièces justificatives jointes à ces mémoires sous le n" 1'.
« Je supplie mes lecteurs d'y jeter les yeux. Royer et Guizot, qui ne me connaissaient alors qu'à moitié,