LE DEPOT DES PLANS
secrétaire général m'annonra qu'un officier prussien, porteur d'ordres du général Blùclier, était venu demander qu'on lui livrât le dépôt des plans. Si l'on se rappelle le soin, le temps et la peine que j'avais pris à rassembler cette collection précieuse, on se figurera l'accuf'il que je dus faire à cette nouvelle. Le secrétaire général avait répondu que j'étais sorti, et qu'il ne pouvait rien donner sans ma permission ; le Prussien se retira en annonçant son retour avec deux autres grenadiers. Aussitôt je fais fermer les portes, cacher les objets les plus précieux, je donne l'ordre au portier de n'ouvrir sous aucun prétexte, et de dire par la fenêtre aux assiégeants, qu'ils n'arracheront les plans que par la plus extrême violence, et que personne n'a le droit, en mon absence, de les leur procurer autrement. J'avais appris que ce n'était pas du ministère qu'il fallait attendre du secours en pareille occurrence. Je courus chez le général Mijding, gouverneur de Paris près le roi de Prusse, je lui exposai qu'il s'agissait de plans purement civils, et qui, au terme du traité, ne pouvaient être exigés. Mufling, après m'avoir fait longtemps attendre, m'écouta avec insolence et en me toisant de la tête aux pieds. Je me contins, j'insistai, je voulais réussir; je dévorai tout, enfin j'arrachai l'ordre désiré. Le siège de ma maison fut levé et mes plans me restèrent.
<( L'organisation de la garde royale vint prêter quelque appui à l'action du gouvernement; elle mettait au moins les Tuileries à l'abri d'un coup de main. Le roi de France, comme les autres principaux souverains de l'Europe, confiait ainsi sa personne à l'élite de ses armées, qui remplaçait ses compagnies privilégiées et dorées, si peu appropriées au besoin des circonstances et h l'esprit du temps. Les mousquetaires.