‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 169 sur 203 · ARRESTATION DU MARECHAL NEY · texte numérisé non relu

ARRESTATION DU MARECHAL NEY

les chevau-légers, les gendarmes furent sup{)rimés; les six compagnies de gardes du corps réduites à quatre, les deux compagnies retranchées du duc de Raguse et du prince de Wagram. Tous ces changements mettaient la Cour au désespoir. Aussi s'écriaitelle qu'on recommençait la Révolution, que c'en était fait de la monarchie.

« De son côté, l'armée de la Loire, dispersée, répondait par des menaces pleines de mépris à ces gémissements : la formation de la garde royale fait honneur au maréchal Saint-Cyr. Je n'ose porter un jugement sur celle des légions et la nouvelle organisation donnée à la cavalerie'.

« C'est vers cette époque que l'on a fait l'arrestalion du maréchal Ney. Des émissaires du préfet de police Decazes s'étaient saisis de sa personne dans les montagnes du Cantal. On pense bien que Fouché, dans cette circonstance, n'osa se plaindre de ce que M. Decazes était sorti des limites de ses attributions, mais les royalistes, qui l'accusaient depuis longtemps de faire évader les coupables, ne manquèrent pas de lui opposer le zèle du préfet de police, et le succès qu'il venait d'obtenir. Decazes eut un moment toutes leurs faveurs, comme il a eu depuis toute leur haine, par un effet propre de leur aveuglement et de leur caprice, sans avoir rien fait pour la mériter.

a C'était aussi par ses soins, et grâce à son activité, que Labédoyère avait été arrêté. On a vu les rapports

1. Il est une particularité importante et qu'il m'en coûte de révéler, c'est que les plans du maréchal restèrent longtemps entre les mains de l'Empereur de Russie qui entra jusque dans les derniers détails de l'armement et de l'équipement, et que, malgré la fermeté de Gouvion et l'amertume qu'en ressentit son cœur français, il fallut déférer à toutes les volontés ou aux prétendus conseils d'Alexandre. f.Xote du comte MoIé.)

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