‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 171 sur 203 · ORDONNANCE DES RETRAITES · texte numérisé non relu

ORDONNANCE DES RETRAITES

la qualité de Pair de FVance au moment où avaient été commis les crimes dont il était accusé. Le maréchal Moucey, appelé à en faire partie, refusa d'y siéger, en alléguant des scrupules fondés sur d'anciennes inimitiés. Au lieu de lui opposer les règlements militaires, et de sévir contre lui conformément à leurs dispositions, les minisires, par une ordonnance aussi illégale qu'arbitraire, destituèrent Moncey du grade de maréchal, et l'envoyèrent passer trois mois dans une forteresse. C'est ainsi que, comme tous les hommes faibles, ils employaient la violence et le caprice toutes les fois qu'ils voulaient déployer de la force. Tous les partis s'intéressèrent au sort de Moncey: et une sorte de défaveur commença de s'attacher au procès du plus coupable et du moins intéressant de tous les coupables.

u La fameuse ordonnance des retraites, qui parut alors, acheva de mettre la vieille armée en fureur. L'exécution, bien plus que le texte, laissa en activité une foule d'hommes qui n'avaient jamais servi, et condamna à la misère les vétérans de la victoire. En même temps, quatre gouvernements militaires furent donnés à de vieux courtisans.

» L'indiscipline allait toujours croissant. A Strasbourg, la garnison se révolta ; un sergent se mit à la tête des séditieux qui enfermèrent leurs officiers dans la citadelle, et il fallut que la ville fit l'avance du prêt arriéré, pour échapper au pillage.

« J'étais chez M. de Talleyrand lorsqu'il apprit cette nouvelle. Il se chaussait, il ne s'en chaussa pas plus vite. D'IIauterive et moi, nous commençons quelques phrases sur la nécesssité de faire promptement un exemple des principaux mutins, mais nous vîmes que le prince faisait autant d'efforts pour détourner son

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