‹ Le comte Molé, 1781-1855Chapitre 173 sur 203 · LE TRAITÉ DE VIENNE · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE VIENNE

leures parts. Un royaume des Pays-Bas, destiné à menacer incessamment la France de plus d'une manière, fut établi sous le double patronage de la Russie et de l'Angleterre. La Prusse étendit ses possessions jusqu'aux bords du Rhin, tandis que l'Autriche devenait maîtresse absolue de l'Italie.

« La nature des choses a partout ses lois, ce sont elles qui s'opposent toujours à ce que les hommes puissent offenser impunément la justice. La suite nécessaire du triomphe de l'ambition des grandes puissances devait être de ne pas laisser de bornes à cette ambition elle-même, et de voir bientôt ces mêmes puissances détruire leur propre ouvrage.

(( La Russie et l'Angleterre devenaient inévitablement rivales et allaient se disputer la prépondérance ; la Prusse, trop forte pour être secondaire et pas assez forte pour être en première ligne, se plaçait impatiemment sous l'intluence d*e la Russie. L'Autriche, fidèle à son système de temporisation, prête à profiter de toutes les chances, mais décidée à les attendre, vendait aux uns sa neutralité, aux autres l'espérance de son appui. C'est ainsi qu'on la vit sortir de cette lutte terrible plus puissante qu'elle n'y était entrée et n'ayant à regretter d'autre sacrifice, que celui d'une archiduchesse.

« L'esprit du siècle même semblait avoir respecté, ou plutôt le gouvernement paternel et familier de son prince y avait préservé les peuples du goût de la nouveauté et de tout désir de changement. Pendant que le roi de Prusse, entraîné par une force irrésistible, promettait à ses sujets le gouvernement représentatif, pendant que les Pays-Bas recevaient de leur souverain ce gouvernement lui-même, pendant qu'une proclamation toute libérale, émanée du Pape, étonnait les

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