TROUBLES DANS LE MIDI
apprendre que je m'étais éloigné enlièremeut de la direction des affaires, depuis que j'avais perdu l'espérance d'être écouté.
« Les départements du Midi étaient dans un état plus alarmant encore que le reste de la France. A Avignon, le général Brune s'était tué d'un coup de pistolet pour se dérober à la fureur du peuple. A Nimes et dans les Cévennes, les fédérés et les volontaires royaux en venaient tous les jours aux mains.
(( M. le duc d'Angoulême, trompé par tous ceux qui l'entouraient, semblait autoriser la réaction par sa présence et quelquefois par ses discours. Muni des pouvoirs du Roi, il avait donné provisoirement toutes les places aux royalistes les plus ardents. Son conseiller le plus intime était le marquis de ,
homme violent, léger et ambitieux. M. le duc d'Angoulême le nomma administrateur général de son gouvernement. Le marquis eut l'audace de continuer ses fonctions quoique le Roi eût rappelé le prince et que ses pouvoirs fussent révoqués. Il maintint même en exercice les préfets et les magistrats de son choix, et refusa d'installer ceux envoyés par les ministres. Il ne lui fut pas difficile d'intéresser dans cette lutte l'amour-propre du duc et de lui représenter ce qui se passait comme un outrage que lui faisait le ministère. Cependant, le bon sens du prince et ses soumissions aux ordres du Roi l'emportèrent. Le marquis
de fut publiquement mandé à Paris pour rendre
compte de sa conduite et les nouvelles autorités furent partout installées.
« C'est alors que se commit un des crimes les plus atroces qui aient souillé cette époque. Le génér.il Ramel, connu par son honorable proscription sous le Directoire et l'intéressante relation qu'il avait publiée